27/01/2009

Biro et Fernier: la ville en X

La Ville-en-X de Biro et Fernier, deux jeunes archi­tectes installés à Paris, se présente sous la forme d'une structure por­teuse continue en forme d'X. Dans la partie déformée par le croisement des deux branches de l'X passent les réseaux de circulation, avec les canali­sations, les transports d'énergie, les voitures pour lesquelles sont pré­vues des voies sans croisements, des échangeurs, des haltes, des parcs de stationnement, et un système de transport en commun. Le centre de l'X est donc le système de circulation sanguine de l'ensemble.

 Biro et Fernier - Ville en X 02 [web520]


Biro et Fernier: maquette de la ville en X.

Largement ouverte, la partie supérieure de l'X s'élève sur sept étages. Elle bénéficie d'un ensoleillement maximum grâce à l'inclinaison. Cette partie porte les cellules d'habitation avec balcons et loggias. Ces logis surplombent une rue bordée de boutiques et exclusivement réservée aux pié­tons puisque les voitures circulent en dessous, c'est-à-dire au coeur de l'X. 

Aux branches basses de l'X sont accrochées les cellules destinées aux bu­reaux, aux stockages, aux silos à voitures, en raison du moindre ensoleil­lement. 

Tout en bas, le sol naturel dégagé à 90% pourrait être consacré à l'agriculture, aux équipements sportifs, à la détente.

Biro et Fernier - Ville en X [web520]


Biro et Fernier: coupe dans la ville en X.
 

20:00 Écrit par Luckybiker dans 07 Seconde moitié du XXe siècle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biro, fernier |  Facebook |

04/01/2009

L'urbanisme prend possession de l'espace.

A l'idée d'une architecture en hauteur, s'est ajoutée, durant la seconde moitié du XXe siècle, celle d'un urbanisme prenant possession de l'espace. Cet urbanisme spatial est une réponse directe à l'explosion démographique. A l'architecture des masses fermées, qui est celle de toute l'histoire de l'architecture, se substitue une architecture ouverte et transparente. 

Nous nous acheminons donc vers une nouvelle conception de l'urbanisme. Et, pour cet urbanisme, l'architecture conventionnelle, qui est toujours la nôtre, se modifiera sans doute radicalement. 

Biro et Fernier - Ville en X [web520]


Biro et Fernier: ville en X

Un groupe de jeunes architectes français, Andrault, Anger, Courtois, Parat, Parent, Puccinelli, Salier, Willerval, a publié en 1965 un manifeste qui précise notamment: 

Afin d'éviter que les groupements urbains s'étendent indéfiniment par le phénomène actuel de l'émiettement et de la prolifération par la dispersion, nous voulons des rassemblements urbains à l'échelle de villes repensées à très fortes densités; cette concentration doit nous permettre de recréer un relief construit, de mettre en place des sites artificiels qui soient aux dimensions correspondantes de celles des sites naturels. 

Dans ce chemin vers les cités neuves du troisième millénaire, nous pouvons fixer trois étapes successives. 

La première se situe en 1975: jusque-là, notre archi­tecture et notre urbanisme dit "officiels" ont continué sur leur lancée corbusienne et miessvanderrienne. Plusieurs grandes opérations d'urbanisme ont modifié sensiblement le visage des capitales européennes. On vit alors, de-ci de-là, et par quartiers entiers parfois, de l'architecture d'avant-garde, mais on essaya surtout de rattraper le retard. 

On aurait pu espérer une seconde étape vers 1990 où nous serions alors passé des pre­miers sols artificiels à l'urbanisme spatial. Des villes-ponts auraient pu être construites, ainsi que des villes flottantes et lacus­tres. Nous aurions pu visiter des villes climatisées, et de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques auraient pu de nouveau bouleverser le ré­pertoire des formes architecturales connues; les problèmes de circu­lation auraient pu être tout autres et des villes-galaxies auraient pu avoir la superficie et la population de certaines grandes nations... 

A la fin du XXe siècle, on aurait pu espérer que l'urbanisme et l'architecture du XXIe siècle soient encore différents: des régions entières pourraient être entièrement consacrées au travail ou au loisir; de nouveaux moyens de transport pourraient modifier les infrastruc­tures des territoires et, hors de notre planète, une autre architec­ture pourrait être élaborée par les cosmonautes. 

Malheureusement, les grandes idées architecturales de la seconde partie du XXe siècle ne sont guère florissantes au début du XXIe siècle: on continue bien souvent de construire sur terre suivant l'esthétique du parallélépipède rectangle...

18:00 Écrit par Luckybiker dans 07 Seconde moitié du XXe siècle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biro, fernier |  Facebook |