14/11/2008

Résultat de la critique industrielle

Tous ces constats auront pour conséquence immédiate d'alerter l'opinion publique. 

Malheureusement, les premières tentatives de réorganisation sociale (premières lois sur le travail, premières cités ouvrières) se solderont par un échec et il faudra dès lors assez longtemps pour que distinction soit faite entre ordre déterministe et ordre normatif, la plupart des gens refusant de considérer les tares de la société comme l'envers néfaste d'un ordre nouveau.

13/11/2008

Friedrich Engels

Friedrich ENGELS (1820-1895), philosophe et homme politique allemand, fondateur avec Karl Marx du "socialisme scientifique" et de la "conception matérialiste de l'histoire", peut être considéré comme l'un des fondateurs de cette nouvelle science. 

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Friedrich Engels.

Découvrant l'extrême misère des ouvriers de son temps, Engels apporta un démenti formel aux thèses optimistes des premiers économistes libéraux (Adam Smith en particulier). C'est sur ce thème qu'il écrit son premier ouvrage : "La Situation de la Classe ouvrière en Angleterre" publié en 1945 et dans lequel il utilise systématiquement et scientifiquement tous les témoignages disponibles pour dénoncer les tares urbaines, conséquences des tares sociales, économiques et politiques. 

Avec Engels, de nombreux autres défenseurs du peuple et de la classe ouvrière publieront des manifestes : Fourier, Proudhon, Ruskin, Considérant et bien d'autres seront les théoriciens et les fondateurs du mouvement socialiste.

18:15 Écrit par Luckybiker dans 02 Critique de la ville industrielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : engels |  Facebook |

12/11/2008

Critique de la ville industrielle.

ANALYSES DESCRIPTIVE ET POLITIQUE. 

Devant cette situation apparemment irréversible, quelques individus prennent subitement conscience du désordre moral et matériel dans lequel la ville se plonge peu à peu. Pour eux, l'étude de la ville prend deux aspects bien différents : un aspect descriptif et un aspect politique. 

L'analyse descriptive de la situation économique, politique et sociale a pour but principal de réunir des faits avec détachement et de les étudier aussi bien d'un point de vue quantitatif que qualificatif. Poussés par des sentiments humanitaires, ces auteurs visent une information critique et normative dans le cadre d'une polémique. Parmi eux citons entre autres Levasseur, Legoyt (France) et Adna Ferrin Weber (USA). 

L'analyse politique du milieu urbain est à la base de la création d'une sociologie urbaine qui, à l'origine, se contentait de dénoncer l'hygiène physique et morale défavorable des grandes villes industrielles.

11/11/2008

L'urbanisme machiniste

Avec le XIXe siècle naît l'ère industrielle. Avec le développement des techniques surgit subitement une poussée démographi­que dans les villes et leur périphérie. La suburbanisation prend une importance croissante et le développement urbain fait éclater toutes les structures anciennes: la ville, devenue affaire commerciale, apparaît bientôt comme un phénomène extérieur aux individus qu'elle concerne. Pour la première fois, l'entassement urbain du prolétariat marque la rupture entre l'homme et la nature. 

Les débuts de l'abstraction en urbanisme viennent détruira le cadre naturel : nous assistons à une rationalisation des voies de communication (grandes artères et voies de chemin de fer) qui transpercent la ville, la divisant en secteurs urbains spécialisés (quartiers d'habitations, quartiers d'affaires...) pendant que prennent naissance de nouveaux organes urbains (gares, grands magasins, palais d'exposition...). Peu à peu la ville se laisse envahir par la machine et la pollution, agents de destruction qui la transforment bientôt en une cité carbonifère insalubre.

10/11/2008

Claude-Nicolas Ledoux

Claude-Nicolas LEDOUX (1736-1806) établit la transition entre le XVIIIe siècle et le XIXe, certaines de ses architectures rappelant fortement celles de Boullée, d'autres réalisations annonçant déjà les phalanstères de l'ère industrielle. 

Après avoir fait ses études au collège de Beauvais à Paris, Ledoux apprend la gravure puis l'architecture dans l'école de Blondel et l'agence de Trouard vers 1762. 

Dans la première partie de sa carrière, il travaille surtout pour la noblesse en construisant quelques architectures assez excentriques témoignant de son goût pour les volumes simples mais monumentaux : maison à Eaubonne pour le Normand de Mézières, hôtel d'Hallwyl à Paris, château de Benouville près de Caen, hôtel de Montmorency. 

C'est autour des Salines de Chaux, à Arc-et-Senans, qu'il put, entre 1774 et 1779, réaliser son projet de cité idéale. 

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Claude-Nicolas Ledoux: projet pour les salines de Chaux.
Primitivement elliptique, puis réduite de moitié, la ville restera inachevée : autour de l'usine se développent concentriquement, et en contact avec la nature, les bâtiments d'habitation, de repos, de loisirs, les lieux de culte et la nécropole. Ledoux remplace l'enceinte de la ville par un boulevard circulaire planté d'arbres qui sert de frontière entre la cité et sa périphérie où il prévoit de disperser quelques habitations isolées. 

En 1785, Ledoux établit un autre projet pour la barrière de l'octroi de Paris. Ce projet dont il ne reste aujourd'hui, que quelques vestiges, se compose d'un mur se développant entre un boulevard planté d'arbres à l'intérieur et un chemin de surveillance à l'extérieur, mur interrompu par 17 grands bâtiments publics et quelques postes de garde. 

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Claude-Nicolas Ledoux: barrière pour l'octroi de Paris.

En 1804, Ledoux publie "L'architecture considérée sous le rapport de l'art, des moeurs et de la législation", ouvrage dans lequel il élabore une conception sociale de l'architecture et de l'urbanisme. 

Libéré de prison où la Révolution l'avait jeté par erreur, Ledoux abandonne ses travaux, mais conçoit cependant en 1792 un projet pour la rue Saint-Georges qui annonce les cités-jardins. 

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Claude-Nicolas Ledoux: les salines de Chaux

Boullée et Ledoux eurent tous deux une conception grandiose de l'architecture et de l'urbanisme, conception dans laquelle l'ornement tient très peu de place mais joue cependant un rôle symbolique. 

L'extérieur de la plupart de leurs oeuvres suggère non pas la fonction, mais la forme de certaines parties du contenu. Par leur indifférence totale envers les ordres et leurs conceptions urbanistiques avant-gardistes, Etienne-Louis Boullée et Claude-Nicolas Ledoux, en dépit de l'aspect utopique de leurs oeuvres, préfigurent indéniablement l'art de notre temps. 


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Vue aérienne des salines de Chaux.

18:00 Écrit par Luckybiker dans 01 Avant l'ère industrielle | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : ledoux |  Facebook |

09/11/2008

Etienne-Louis Boullée

Cette période qui précède l'avènement de l'industrialisation s'inspira d'une antiquité épurée et gigantesque : les oeuvres architecturales qui la caractérisent se teignent de romantisme et de symbolisme et témoignent d'un goût prononcé pour le colossal et la grandiloquence. Ces particularités sont en fait le témoignage d'une période de crise sentimentaliste où les architectures provisoires des fêtes révolutionnaires s'inspiraient de l'antiquité. 

ETIENNE-LOUIS BOULLEE. 

Etienne-Louis BOULLEE (1728-1799) entra très jeune dans l'atelier de Jean-Baptiste Pierre, premier peintre du roi, mais, détourné de sa première vocation par son père, architecte lui-même, il devient l'élève de Jacques-François Blondet et de Jean-Laurent Legeay dont il reçoit les préceptes du classicisme qui ont été ceux de l'école française pendant le règne de Louis XIV, un peu oubliés depuis les innovations décoratives du rococo. 

Dans ses premières oeuvres, Boullée s'affirme comme un restaurateur de la "grande manière" nationale : église Saint Roch (1752-1763), projet pour l'Hôtel des Monnaies (1762), hôtels Alexandre et Nonville (1763-1764) et enfin le château de Chaville (1764). 

L'influence de Legeay ne sera sensible qu'après 1770. Dès lors, une nouvelle interprétation de l'architecture antique inspire à Boullée d'utopiques projets d'architectures publiques : transformation du château de Versailles (1780), projet de bibliothèque publique (1734) entre autres. 

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Etienne-Louis Boullée: Cénotaphe pour Newton.

L'une de ses dernières réalisations, l'hôtel de Brunoy (1774), qui passe volontiers pour son chef-d'oeuvre, est le seul de ses ouvrages à porter la trace de ce style renouvelé de l'antique : au jardin soigneusement étudié pour servir de décors symbolique au sanctuaire, répondent des aménagements intérieurs qui, par le jeu des glaces et des végétaux, transforment les pièces en de surprenants bosquets. Dans ce premier essai pour fondre l'architecture dans la nature, les contemporains ont pu voir les conceptions d'un peintre inspiré. 

Abandonnant tout espoir de voir se concrétiser ses autres projets, Boullée décide de donner libre cours à son imagination en se vouant à l'enseignement et à la recherche théorique. Ses travaux le conduisent à élaborer une esthétique nouvelles : à la conception classique fondée sur les règles de l'harmonie modulaire, il oppose une esthétique naturelle qu'il définit dans son essai intitulé Essai sur l'art (1783-1793). 

Le but de l'art est l'imitation de la nature et l'architecture, trop longtemps soumise aux contraintes de la commande, doit suivre les voies ouvertes par les peintres. Les diverses influences qu'il subit incitent Boullée et lui inspirent des projets surprenants par leur nouveauté, tels que le Cénotaphe de Newton (1784), représentant l'univers exploré par le célèbre savant (le dessin se trouve à la Bibliothèque Nationale).

Renouant avec la tradition funéraire de la plus haute antiquité, Boullée conçoit ainsi de nombreuses oeuvres dont l'ampleur démesurée rend leur réalisation impossible à l'époque. 

On peut considérer Boullée comme l'architecte le plus représentatif de la Révolution française, bien qu'il soit resté en marge des événements. De fait, son architecture reste la meilleure expression des idéaux philosophiques qui a inspiré les doctrines politiques d'alors.

20:12 Écrit par Luckybiker dans 01 Avant l'ère industrielle | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : boullee |  Facebook |

08/11/2008

XVIIème siècle.

Les forteresses françaises du XVIIe siècle devaient se rapprocher de la cité idéale de la Renaissance : les oeuvres multiples de VAUBAN (1633-1707) en sont un témoignage irréfutable. 

Dans son projet de ville de Neuf-Brisach, il tentait même d'intégrer les classes sociales, chose assez nouvelle pour l'époque. 

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Vues aériennes de Neuf-Brisach.

Quant à CAMPANELLA (1568-1639), sa Cité du Soleil était composée comme un immense palais de la découverte pouvant satisfaire toute la curiosité de ses citoyens. 

Ce philosophe italien annonce la totale émancipation intellectuelle et morale du genre humain et rêve une cité idéale dans laquelle tous les hommes, sous la conduite des savants, formeraient une société unique et mettraient leurs biens en commun. 

L'oeuvre de Campanella peut donc être considérée comme l'une des premières qui préconisèrent une sorte de communisme avant la lettre.

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Portrait de Tomasso Campanella.

 

18:00 Écrit par Luckybiker dans 01 Avant l'ère industrielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vauban, campanella |  Facebook |