17/02/2009

Architecture mobile

C'est au Xe ClAM, en 1956, que furent abordées pour la première fois dans une assemblée internationale d'architectes modernes les notions de mobilité, de croissance et de variation des fonctions. A cette époque, deux seuls projets d'architecture tenaient compte des besoins d'un habitat évolutif: ils étaient l'oeuvre de Yona Friedman et de Charles Péré-Lahaille.

 Yona-Friedman_1956


Yona Friedman: architecture mobile - 1956

Devant cette carence de maîtres à penser, un mouvement de jeunes architectes s'esquissa donc, qui devait se concrétiser en 1957 par la fondation, à Paris, du Groupe d'Etudes de l'Architecture mobile (GEAM) qui réunissait Jean Pecquet, Jerzy  Soltan, Aujame, Georges Emmerich et Jan Trapman. Après 1958 vinrent s'y adjoindre Frei Otto, Schultze-Fielitz, Werner Ruhnau, Gunther Gunschel, Friberger, Otaka, Paul Maymont et Cammile Frieden. 

L'idée de la mobilité et de l'urbanisme spatial défendue par le GEAM est certainement une des grandes idées-forces de cette période. L'idée de mobilité de l'habitat était en fait le lointain écho de la voix isolée de Sant'Elia, de celles de Buckminster Fuller et de Kiesler.

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16/02/2009

Paul-Jacques Grillo: Aquila, Poseidon, Argea

Aquila, la cité du français Paul-Jacques Grillo, a la forme d'une feuille d'arbre dont la nervure serait constituée par une "citadelle de la recherche entourée par des douves d'agriculture lacustre et limitée par le cratère d'Unités-Villages". 

Aquila est en effet une ville "de la Recherche pour les savants de toutes les disciplines". 

Tout le long de l'Acropole des appar­tements pour 10.000 personnes seraient disposés en habitations troglodytiques et se développeraient par strada de neuf étages entre des galeries-jardins suspendues. "A espaces réguliers, des grands magasins, garages, etc., s'incrustent profondément dans cette sorte de donjon et agissent comme autant de contreforts pour retenir la masse des terres de l'acropole.

Paul-Jacques Grillo a conçu deux autres cités: Poséidon, la ville lagune, et Aegea, la ville lacustre. 

Poséidon est entourée d'eau à la manière d'une main gantée plongée dans la mer tandis qu'Aegea "entoure l'eau, source de vie, à la façon d'un estomac". Poséidon est à la fois une ville côtière de villégiature et une communauté de pêche et d'agriculture. Construite sur des terres reconquises sur le fond d'une lagune, cette ville formerait une île séparée de la terre ferme par un grand canal inter-côtier. Son plan fait songer à une grenade ouverte dont chaque grain serait un ilôt correspondant à la dimension d'un village de cinq mille personnes. 

Sans songer à copier des formes naturelles, nous eûmes l'émerveillement de découvrir, une fois nos dessins terminés, des formes organiques naturelles que la nature avait conçues de façon presque identique. 

Paul-Jacques Grillo.

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15/02/2009

Paolo Soleri: Arcology, Babel et hyperbuilding

paolo soleri - arcology the city in the image of man [web520]


Paolo Soleri: Arcology.

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Paolo Soleri: Babel

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Paolo Soleri: hyperbuilding pour Tokyo.

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14/02/2009

Paolo Soleri: Mesa City

Paolo Soleri, grâce à une subvention de l'université de l'Arizona, a pu dessiner une grandiose ville idéale qu'il a nommée Mesa City. Cette ville adopte un principe linéaire puisque, pour ses deux millions d'habitants, elle ferait 35 kilomètres de long sur seulement 10 de large.

paolo soleri [web520]


Paolo Soleri.

Les structures urbaines et architecturales de la ville ressemblent à des viscères, des coupes de muscles, des structures d'os, des végétations luxuriantes. La morphologie de ces structures est en fait conçue pour capter et utiliser l'énergie cosmique, les radiations, les vents, l'eau...

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Paolo Soleri: Mesa City

Un Centre de hautes études constitue l'épine dorsale de la Mesa City. On y trouve un parc, des digues et des lacs, des villages d'artisans, un centre théologique, trente-quatre villages de trois mille habitants chacun, avec leurs centres civiques et commerciaux, groupés par grappes de cinq, des zones d'habitation très denses et, au coeur de la cité, un centre des affaires avec des tours et un aéroport au point le plus haut. 

Enfin, la Mesa City comprendrait des villes et villages à caractère rural, des complexes indus­triels et un réseau de circulation routière et ferrée.

Mesa City 1961 [web520]


Paolo Soleri: Mesa City

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13/02/2009

Architecture organique.

C'est à partir de lois biologiques que travailleront les architectes. Les nombres d'or ne seront plus géométriques, mais biologiques. 

Louis Armand. 

On pourrait penser que, dans cette voie, l'homme du XXIe siècle retrouvera des formes d'habitat proches de celles de l'architecture préhistorique. Il n'en est rien: 

Les premiers ouvrages de l'homme ressemblaient aux cavernes, aux nids et aux constructions réalisées par les animaux, mais absolument pas à la structure interne des êtres vivants. Les structures vivantes semblaient soumises à des lois totalement différentes de celles régissant les créa­tions de l'homme. 

Les structures vivantes, structures internes propres aux végétaux et aux animaux, sont identiques aux "structures techniques" créées par l'homme, à tel point qu'on peut se demander si la similitude est accidentelle ou si les deux types reposent sur des lois communes. 

A.J.Helmcke - Frei Otto.

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Le Ricolais: structure expérimentale.

Le grand ingénieur français Le Ricolais s'est justement attaché à la découverte de ces lois communes, en étudiant notamment le squelette humain, les radiolaires et la goutte d'eau. De ses différentes études, il conclut: 

Nous croyons que l'évolution architecturale ne pourra se faire qu'en se libérant de considérations esthétiques révolues, en retrouvant avec humilité le respect des lois de la raison. Au lieu d'une attitude purement analytique, une vision synthétique des structures est la prochaine étape à franchir»et il est hors de doute que l'étude des formes naturelles gouvernées aussi par le nombre nous aidera à franchir un grand pas. 

Le Ricolais.

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Le Ricolais: système réticulaire en trois dimensions.

Il est en effet frappant que les structures vivantes sont rarement géomé­triques, que les déchets de quelque nature qu'ils soient se présentent toujours avec un singulier ordre dans leur désordre, et que, dans l'ensemble, on peut parler d'un extraordinaire sens de la composition du hasard. On se prend à rêver de la grande leçon de l'urbanisme spontané, des agglo­mérations qui poussent comme croît une grappe de raisin. En examinant une photo aérienne d'une de ces agglomérations, on voit combien ces cités empi­riques sont régies par des lois naturelles, malgré leur apparent désordre, et combien leur ordre profond est plus proche de celui de la vie que l'ordre abstrait des grands ensembles. 

Ce répertoire étonnant de formes, de techniques, qui paraissent souvent si étrangement proches de celles des architectes prospectifs actuels, nous laisse à penser que nous avons été le jouet d'une infamie. Finalement, l'architecture de l'avenir nous paraît tout simplement avoir retrouvé des secrets perdus.

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12/02/2009

Jacques Couelle

Jacques Couelle mérite lui aussi d'avoir rappelé qu'il pouvait exister une autre architecture que celle de l'angle droit. 

Ses maisons de Castellaras-le-Neuf sont devenues célèbres parce qu'elles constituaient une rupture absolue. Ces cavernes artificielles pour milliar­daires renouent en fait avec un courant architectural qui va de Gaudi à Kiesler en passant par les expressionnistes allemands.

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Intérieur d'une maison de Jacques Couelle.

On s'égare si l'on veut considérer ces maisons comme des prouesses structurelles. Ce sont, en fait, des sculptures habitables et réalisées comme telles, c'est-à-dire sans soucis de l'armature. Sur une structure à angles droits, Jacques Couelle moule sa maison, lui donne des formes courbes. On s'étonne néanmoins que Couelle ait passé tant d'année à étudier les structures naturelles pour en arriver à un résultat souvent très beau, mais où la structure n'est pas à la hauteur de la plastique.

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Vue extérieure d'une maison de Jacques Couelle

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11/02/2009

Mathias Goeritz

Mathias Goeritz publia en 1953 son "Manifeste de l'Architecture émotionnelle": 

L'homme du XXe siècle est dépassé par tant de fonctionnalisme, de logique d'utilité dans l'architecture moderne. Il cherche un moyen d'y échapper, mais ni l'esthétisme formaliste, ni le régionalisme organique, ni même le confusionnisme dogmatique n'ont compris ce problème fondamental que l'hom­me contemporain, créateur ou récepteur, souhaite avoir quelque chose de plus qu'une gentille maison confortable et vivable. Il veut, ou voudra un jour, que son architecture ait une élévation spirituelle qui puisse se dire émotion, semblable à celle que l'on reçoit de l'architecture des pyramides et des temples grecs, des cathédrales gothiques et romanes, ou des palais baro­ques.

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Mathias Goeritz: Musée El Eco à Mexico.

L'ouverture du Musée El Eco à Mexico en 1953 fut un événement: on entrait par un corridor qui se faisait de plus en plus étroit, cependant que le sol montait et le plafond descendait. La couleur devenait de plus en plus obscure. L'architecture ménageait donc des surprises, des émotions... 

D'avril à septembre 1957, Goeritz édifie des sculptures monumentales dans le desert: cinq colonnes en béton armé, trois blanches, une orange et une jaune clair, la colonne la plus haute ayant 57 mètres et la plus basse 37, rare exemple d'architecture inutile réalisée depuis la tour Eiffel... 

Goeritz s'élève donc contre l'art fait par des intellectuels pour des intellectuels, l'art égocentrique: pour lui, une nouvelle conception de l'art une sorte de socialisation de l'art, apparaît peu à peu, dont l'architecture-sculpture est un des prémices.

 mathias Goeritz et Luis Barragan Tours de la cité satellite Mexico 1957 [web520]


Mathias Goeritz: Tours de Mexico

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