04/01/2009

L'urbanisme prend possession de l'espace.

A l'idée d'une architecture en hauteur, s'est ajoutée, durant la seconde moitié du XXe siècle, celle d'un urbanisme prenant possession de l'espace. Cet urbanisme spatial est une réponse directe à l'explosion démographique. A l'architecture des masses fermées, qui est celle de toute l'histoire de l'architecture, se substitue une architecture ouverte et transparente. 

Nous nous acheminons donc vers une nouvelle conception de l'urbanisme. Et, pour cet urbanisme, l'architecture conventionnelle, qui est toujours la nôtre, se modifiera sans doute radicalement. 

Biro et Fernier - Ville en X [web520]


Biro et Fernier: ville en X

Un groupe de jeunes architectes français, Andrault, Anger, Courtois, Parat, Parent, Puccinelli, Salier, Willerval, a publié en 1965 un manifeste qui précise notamment: 

Afin d'éviter que les groupements urbains s'étendent indéfiniment par le phénomène actuel de l'émiettement et de la prolifération par la dispersion, nous voulons des rassemblements urbains à l'échelle de villes repensées à très fortes densités; cette concentration doit nous permettre de recréer un relief construit, de mettre en place des sites artificiels qui soient aux dimensions correspondantes de celles des sites naturels. 

Dans ce chemin vers les cités neuves du troisième millénaire, nous pouvons fixer trois étapes successives. 

La première se situe en 1975: jusque-là, notre archi­tecture et notre urbanisme dit "officiels" ont continué sur leur lancée corbusienne et miessvanderrienne. Plusieurs grandes opérations d'urbanisme ont modifié sensiblement le visage des capitales européennes. On vit alors, de-ci de-là, et par quartiers entiers parfois, de l'architecture d'avant-garde, mais on essaya surtout de rattraper le retard. 

On aurait pu espérer une seconde étape vers 1990 où nous serions alors passé des pre­miers sols artificiels à l'urbanisme spatial. Des villes-ponts auraient pu être construites, ainsi que des villes flottantes et lacus­tres. Nous aurions pu visiter des villes climatisées, et de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques auraient pu de nouveau bouleverser le ré­pertoire des formes architecturales connues; les problèmes de circu­lation auraient pu être tout autres et des villes-galaxies auraient pu avoir la superficie et la population de certaines grandes nations... 

A la fin du XXe siècle, on aurait pu espérer que l'urbanisme et l'architecture du XXIe siècle soient encore différents: des régions entières pourraient être entièrement consacrées au travail ou au loisir; de nouveaux moyens de transport pourraient modifier les infrastruc­tures des territoires et, hors de notre planète, une autre architec­ture pourrait être élaborée par les cosmonautes. 

Malheureusement, les grandes idées architecturales de la seconde partie du XXe siècle ne sont guère florissantes au début du XXIe siècle: on continue bien souvent de construire sur terre suivant l'esthétique du parallélépipède rectangle...

18:00 Écrit par Luckybiker dans 07 Seconde moitié du XXe siècle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biro, fernier |  Facebook |