14/02/2009

Paolo Soleri: Mesa City

Paolo Soleri, grâce à une subvention de l'université de l'Arizona, a pu dessiner une grandiose ville idéale qu'il a nommée Mesa City. Cette ville adopte un principe linéaire puisque, pour ses deux millions d'habitants, elle ferait 35 kilomètres de long sur seulement 10 de large.

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Paolo Soleri.

Les structures urbaines et architecturales de la ville ressemblent à des viscères, des coupes de muscles, des structures d'os, des végétations luxuriantes. La morphologie de ces structures est en fait conçue pour capter et utiliser l'énergie cosmique, les radiations, les vents, l'eau...

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Paolo Soleri: Mesa City

Un Centre de hautes études constitue l'épine dorsale de la Mesa City. On y trouve un parc, des digues et des lacs, des villages d'artisans, un centre théologique, trente-quatre villages de trois mille habitants chacun, avec leurs centres civiques et commerciaux, groupés par grappes de cinq, des zones d'habitation très denses et, au coeur de la cité, un centre des affaires avec des tours et un aéroport au point le plus haut. 

Enfin, la Mesa City comprendrait des villes et villages à caractère rural, des complexes indus­triels et un réseau de circulation routière et ferrée.

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Paolo Soleri: Mesa City

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13/02/2009

Architecture organique.

C'est à partir de lois biologiques que travailleront les architectes. Les nombres d'or ne seront plus géométriques, mais biologiques. 

Louis Armand. 

On pourrait penser que, dans cette voie, l'homme du XXIe siècle retrouvera des formes d'habitat proches de celles de l'architecture préhistorique. Il n'en est rien: 

Les premiers ouvrages de l'homme ressemblaient aux cavernes, aux nids et aux constructions réalisées par les animaux, mais absolument pas à la structure interne des êtres vivants. Les structures vivantes semblaient soumises à des lois totalement différentes de celles régissant les créa­tions de l'homme. 

Les structures vivantes, structures internes propres aux végétaux et aux animaux, sont identiques aux "structures techniques" créées par l'homme, à tel point qu'on peut se demander si la similitude est accidentelle ou si les deux types reposent sur des lois communes. 

A.J.Helmcke - Frei Otto.

 Le Ricolais structure expérimentale [web520]


Le Ricolais: structure expérimentale.

Le grand ingénieur français Le Ricolais s'est justement attaché à la découverte de ces lois communes, en étudiant notamment le squelette humain, les radiolaires et la goutte d'eau. De ses différentes études, il conclut: 

Nous croyons que l'évolution architecturale ne pourra se faire qu'en se libérant de considérations esthétiques révolues, en retrouvant avec humilité le respect des lois de la raison. Au lieu d'une attitude purement analytique, une vision synthétique des structures est la prochaine étape à franchir»et il est hors de doute que l'étude des formes naturelles gouvernées aussi par le nombre nous aidera à franchir un grand pas. 

Le Ricolais.

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Le Ricolais: système réticulaire en trois dimensions.

Il est en effet frappant que les structures vivantes sont rarement géomé­triques, que les déchets de quelque nature qu'ils soient se présentent toujours avec un singulier ordre dans leur désordre, et que, dans l'ensemble, on peut parler d'un extraordinaire sens de la composition du hasard. On se prend à rêver de la grande leçon de l'urbanisme spontané, des agglo­mérations qui poussent comme croît une grappe de raisin. En examinant une photo aérienne d'une de ces agglomérations, on voit combien ces cités empi­riques sont régies par des lois naturelles, malgré leur apparent désordre, et combien leur ordre profond est plus proche de celui de la vie que l'ordre abstrait des grands ensembles. 

Ce répertoire étonnant de formes, de techniques, qui paraissent souvent si étrangement proches de celles des architectes prospectifs actuels, nous laisse à penser que nous avons été le jouet d'une infamie. Finalement, l'architecture de l'avenir nous paraît tout simplement avoir retrouvé des secrets perdus.

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12/02/2009

Jacques Couelle

Jacques Couelle mérite lui aussi d'avoir rappelé qu'il pouvait exister une autre architecture que celle de l'angle droit. 

Ses maisons de Castellaras-le-Neuf sont devenues célèbres parce qu'elles constituaient une rupture absolue. Ces cavernes artificielles pour milliar­daires renouent en fait avec un courant architectural qui va de Gaudi à Kiesler en passant par les expressionnistes allemands.

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Intérieur d'une maison de Jacques Couelle.

On s'égare si l'on veut considérer ces maisons comme des prouesses structurelles. Ce sont, en fait, des sculptures habitables et réalisées comme telles, c'est-à-dire sans soucis de l'armature. Sur une structure à angles droits, Jacques Couelle moule sa maison, lui donne des formes courbes. On s'étonne néanmoins que Couelle ait passé tant d'année à étudier les structures naturelles pour en arriver à un résultat souvent très beau, mais où la structure n'est pas à la hauteur de la plastique.

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Vue extérieure d'une maison de Jacques Couelle

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11/02/2009

Mathias Goeritz

Mathias Goeritz publia en 1953 son "Manifeste de l'Architecture émotionnelle": 

L'homme du XXe siècle est dépassé par tant de fonctionnalisme, de logique d'utilité dans l'architecture moderne. Il cherche un moyen d'y échapper, mais ni l'esthétisme formaliste, ni le régionalisme organique, ni même le confusionnisme dogmatique n'ont compris ce problème fondamental que l'hom­me contemporain, créateur ou récepteur, souhaite avoir quelque chose de plus qu'une gentille maison confortable et vivable. Il veut, ou voudra un jour, que son architecture ait une élévation spirituelle qui puisse se dire émotion, semblable à celle que l'on reçoit de l'architecture des pyramides et des temples grecs, des cathédrales gothiques et romanes, ou des palais baro­ques.

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Mathias Goeritz: Musée El Eco à Mexico.

L'ouverture du Musée El Eco à Mexico en 1953 fut un événement: on entrait par un corridor qui se faisait de plus en plus étroit, cependant que le sol montait et le plafond descendait. La couleur devenait de plus en plus obscure. L'architecture ménageait donc des surprises, des émotions... 

D'avril à septembre 1957, Goeritz édifie des sculptures monumentales dans le desert: cinq colonnes en béton armé, trois blanches, une orange et une jaune clair, la colonne la plus haute ayant 57 mètres et la plus basse 37, rare exemple d'architecture inutile réalisée depuis la tour Eiffel... 

Goeritz s'élève donc contre l'art fait par des intellectuels pour des intellectuels, l'art égocentrique: pour lui, une nouvelle conception de l'art une sorte de socialisation de l'art, apparaît peu à peu, dont l'architecture-sculpture est un des prémices.

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Mathias Goeritz: Tours de Mexico

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10/02/2009

Frederick Kiesler: la maison sans fin

Entre les deux guerres, en pleine période fonctionnaliste, Kiesler ne cessa de prôner une architecture courbe et sensuelle, une architecture mobile, une architecture suspendue, toutes notions que l'on découvrit ensuite avec l'enthousiasme de la nouveauté.

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Frederick Kiesler: la maison sans fin.

On loue communément l'aérogare de la TWA de Saarinen et le Musée Guggenheim de Wright, et l'on ignore que ces deux architectures spectaculaires sont directement inspirées des idées et des dessins de Kiesler.

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Frederick Kiesler: plan de la maison sans fin.

En 1924, en pleine période de ce que Kiesler appelle "le cube-prison", il concevait deux maisons sphéroïdales. Il définissait aussi le principe de la maison sans fin: 

C'est durant les années 24-25 que je supprimai le séparatisme dans la construction de la maison, c'est-à-dire la distinction entra le plancher, les murs et le plafond, et créai avec le plancher, les murs et le plafond un continuum unique.

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Frederick Kiesler: la maison sans fin.

Kiesler vint en France en 1918 pour y réaliser un projet de ville spatiale. Celui-ci fut exposé en 1925 au Grand Palais. L'idée d'une ville suspendue, couramment reprise ensuite par les architectes prospectifs, paraissait à l'époque absolument folle. La Cité dans l'Espace de Kiesler s'élevait à des niveaux différents, réservant le sol naturel aux parcs, aux prairies et aux canaux. Chaque élément d'un bâtiment ou de la ville était envisagé non pas comme l'expression exclusive d'une seule fonction mais comme un noyau de possibles que la coordination avec les autres éléments peut développer.

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Frederick Kiesler: la maison sans fin.

Parmi les notions neuves soutenues par Kiesler dans les années 25, on trouve encore la théorie de l'architecture mobile, de l'architecture-sculpture et de l'abolition de la division actuelle entre la ville et la campagne. Frederick Kiesler fut l'incontestable pionnier de cette architecture des courbes, des spirales, de l'oeuf, de la continuité qui marque actuellement une réaction contre l'architecture fonctionnaliste de l'angle droit.

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 Frederick Kiesler et la maquette de la maison sans fin.

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09/02/2009

Architecture-sculpture.

André Bloc a pris, ces dernières années, une position sans équivoque en faveur d'une architecture-sculpture, ou d'un renouvellement des formes architecturales par la sculpture.

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André Bloc: architecture-sculpture.

André Bloc écrit notamment: 

Si nous acceptons quelques centaines d'architectes de réputation interna­tionale, nous sommes dans l'obligation de constater que, dans le monde entier, les oeuvres des urbanistes et des architectes atteignent une banalité d'expression désespérante. Il est urgent de modifier le système. Les moyens sont à notre porté et nous disposons non seulement d'immenses ressources techniques, mais aussi d'artistes qualifiés. La plupart des artistes contem­porains se livrent à des travaux de recherche sans destination. Il est impor­tant qu'ils participent, avec les autres artistes, à l'élaboration du milieu urbain et à la création de nouveaux sites ou de jardins. 

II est bien évident que beaucoup d'architectes ont des aspirations géné­reuses et qu'ils souhaitent parvenir à bien s'exprimer: mais ils sont les victimes des conditions qui leur sont faites... 

Pour le moment, et sauf modification fondamentale de la formation des archi­tectes, le travail sur maquette, l'organisation de la recherche et l'appel aux plasticiens, et en particulier aux sculpteurs, sont les moyens propres à amé­liorer le niveau de l'expression architecturale.

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André Bloc: Habitacle n°2, Meudon (1964)

Il faut bien dire que, si le mot architecture-sculpture est nouveau, le courant dans lequel elle se place est beaucoup plus ancien. On peut considé­rer que le Palais du Facteur Cheval et les maisons et autres constructions de l'espagnol Gaudi à Barcelone, furent, au début du XXe siècle, le commencement de cette tendance qui s'affirma ensuite dans les projets des architectes allemands des années 20.

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Palais du Facteur Cheval.
 

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Gaudi: la Sagrada Familia à Barcelone.

Hermann Finsterlin dessina, par exemple, en I9I9, une Casa Nova qui constitue en fait une étonnante sculpture abstraite habitable, de même que la fameuse Maison sans Fin de Frederick Kiesler dont les pre­mières études datent de 1924. 

Puis l'architecture fonctionnaliste triomphant dans les milieux d'avant-garde, il s'ensuivit un long désintéressement pour l'idée d'architecture-sculpture. C'est seulement après la seconde guerre mondiale que ce courant repris forme chez quelques sculpteurs: Gilioli (Halle aux vins, 1946), Mathias Gœritz (Musée El Eco, 1952), Etienne-Martin ("Demeure",1956) et enfin André Bloc avec ses premières sculptures-habitacles en 1962.

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Freferick Kiesler: modèle pour la maison sans fin (1960)

La chapelle de Romchamp de Le Corbusier, en I950-55, devait donner à ce tournant dans l'histoire de l'architecture le choc spectaculaire nécessaire. 

Trois personnages hors série ont donné une vie à cette idée-force de l'architecture-sculpture. Il s'agit de l'américain d'origine viennoise Frederick Kiesler, du germano-mexicain Mathias Goeritz et du français Jacques Couelle.

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Etienne Martin: Demeure 1 - Paris - 1954-1958

13:30 Écrit par Luckybiker dans 08 Formes nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bloc, gaudi, cheval, kiesler, martin |  Facebook |

08/02/2009

William Katavolos: cités chimiques

Pour sa ville flottante, William Katavolos est parti de la théorie d'une architecture chimique qu'il a longuement développée en 1962.

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William Katavolos: cité flottante.

Cette théorie est la suivante: on produit actuellement, sous forme de poudres ou de liquides, des substances qui peuvent acquérir en se dilatant un grand volume et se solidifier au contact de l'air. Rien n'empêche donc d'envisager la construc­tion de cités sur la mer constituées par des matières plastiques qui, en se dilatant, deviendraient tores et sphères. Une fantasmagorique architecture apparaîtrait, la structure des plafonds ressemblant à celle des cristaux et les planchers se formant à la manière des coraux. Le mobilier lui-même serait chimique et pourrait se jeter après usage. 

D'une mobilité parfaite, la ville marine flottante de Katavolos pourrait s'éparpiller en éléments séparés ou se grouper.

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William Katavolos: cité marine.

Au matin, on pourrait voir des faubourgs se rassembler et constituer une ville; à la nuit on les verrait s'éloigner comme une musique et aller s'ancrer ailleurs. 

Cette architecture mobile, périssable, conditionnée, collerait enfin à l'homme comme un vêtement sur mesure. Il se peut qu'il ne s'agisse là que d'un rêve souvent formulé d'ailleurs, mais moins scientifiquement, par les romanciers de science-fiction. Katavolos risque peut-être moins dans l'avenir d'être qualifié d'utopique que nous de timorés.

13:30 Écrit par Luckybiker dans 07 Seconde moitié du XXe siècle | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : katavolos |  Facebook |