16/11/2008

Modèles progressistes

Le modèle progressiste conçoit l'individu humain comme un type et, par une analyse rationnelle détermine un ordre susceptible de s'appliquer à n'importe quel groupement humain, en n'importe quel temps et n'importe quel lieu. 

Cet ordre type se conçoit comme un espace ouvert percé de trouées de vide ou de verdure (Richardson) et découpé conformément à une analyse des fonctions humaines. Chaque activité occupe un lieu bien différent séparé des autres : habitat, travail, culture et loisirs se répartissent dans des zones différenciées. 

Du point de vue esthétique, logique et beauté de la cité coïncident : l'utilisation aisée du cadre urbain exigeant une disposition simple, cette disposition sera forcément belle puisque pratique. 

Malheureusement, les ordres-types que nous proposent les utopistes progressistes sont si rigides et si précis dans les détails qu'ils ne sont quasi pas susceptibles de variantes ni d'adaptations suivant l'évolution sociale économique ou politique. Chaque édifice est défini une fois pour toutes comme un modèle du genre et même les logements, qu'ils soient collectifs (Fourier) ou individuels (Proudhon) sont entièrement normalisés et parfois même standardises. 

A cette rigidité du cadre spatial prédéterminé s'ajoute un système politique contraignant et répressif basé tantôt sur un paternalisme (Owen), tantôt sur un socialisme d'état (Cabet) dont le but primordial est d'adjoindre à un rendement maximum une stabilité politique et institutionnelle à toute épreuve.

15/11/2008

Les modèles

Devant l'énormité des problèmes à résoudre, et le peu de chance de voir se réaliser les solutions qu'ils veulent proposer, les modèles de réorganisation urbanistique se limiteront, du moins au départ, à la forme d'utopie dont la réalisation pratique ne saurait être exécutable dans l'immédiat, pour des raisons matérielles, techniques, politiques ou idéologiques. 

La plupart de ces modèles s'orienteront donc vers l'avenir, quelques-uns étant même assez futuristes, mais une tendance opposée, tournée délibérément vers le passé, sera aussi défendue par quelques adeptes.

14/11/2008

Résultat de la critique industrielle

Tous ces constats auront pour conséquence immédiate d'alerter l'opinion publique. 

Malheureusement, les premières tentatives de réorganisation sociale (premières lois sur le travail, premières cités ouvrières) se solderont par un échec et il faudra dès lors assez longtemps pour que distinction soit faite entre ordre déterministe et ordre normatif, la plupart des gens refusant de considérer les tares de la société comme l'envers néfaste d'un ordre nouveau.

13/11/2008

Friedrich Engels

Friedrich ENGELS (1820-1895), philosophe et homme politique allemand, fondateur avec Karl Marx du "socialisme scientifique" et de la "conception matérialiste de l'histoire", peut être considéré comme l'un des fondateurs de cette nouvelle science. 

Friedrich_Engels [web520]


Friedrich Engels.

Découvrant l'extrême misère des ouvriers de son temps, Engels apporta un démenti formel aux thèses optimistes des premiers économistes libéraux (Adam Smith en particulier). C'est sur ce thème qu'il écrit son premier ouvrage : "La Situation de la Classe ouvrière en Angleterre" publié en 1945 et dans lequel il utilise systématiquement et scientifiquement tous les témoignages disponibles pour dénoncer les tares urbaines, conséquences des tares sociales, économiques et politiques. 

Avec Engels, de nombreux autres défenseurs du peuple et de la classe ouvrière publieront des manifestes : Fourier, Proudhon, Ruskin, Considérant et bien d'autres seront les théoriciens et les fondateurs du mouvement socialiste.

18:15 Écrit par Luckybiker dans 02 Critique de la ville industrielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : engels |  Facebook |

12/11/2008

Critique de la ville industrielle.

ANALYSES DESCRIPTIVE ET POLITIQUE. 

Devant cette situation apparemment irréversible, quelques individus prennent subitement conscience du désordre moral et matériel dans lequel la ville se plonge peu à peu. Pour eux, l'étude de la ville prend deux aspects bien différents : un aspect descriptif et un aspect politique. 

L'analyse descriptive de la situation économique, politique et sociale a pour but principal de réunir des faits avec détachement et de les étudier aussi bien d'un point de vue quantitatif que qualificatif. Poussés par des sentiments humanitaires, ces auteurs visent une information critique et normative dans le cadre d'une polémique. Parmi eux citons entre autres Levasseur, Legoyt (France) et Adna Ferrin Weber (USA). 

L'analyse politique du milieu urbain est à la base de la création d'une sociologie urbaine qui, à l'origine, se contentait de dénoncer l'hygiène physique et morale défavorable des grandes villes industrielles.

11/11/2008

L'urbanisme machiniste

Avec le XIXe siècle naît l'ère industrielle. Avec le développement des techniques surgit subitement une poussée démographi­que dans les villes et leur périphérie. La suburbanisation prend une importance croissante et le développement urbain fait éclater toutes les structures anciennes: la ville, devenue affaire commerciale, apparaît bientôt comme un phénomène extérieur aux individus qu'elle concerne. Pour la première fois, l'entassement urbain du prolétariat marque la rupture entre l'homme et la nature. 

Les débuts de l'abstraction en urbanisme viennent détruira le cadre naturel : nous assistons à une rationalisation des voies de communication (grandes artères et voies de chemin de fer) qui transpercent la ville, la divisant en secteurs urbains spécialisés (quartiers d'habitations, quartiers d'affaires...) pendant que prennent naissance de nouveaux organes urbains (gares, grands magasins, palais d'exposition...). Peu à peu la ville se laisse envahir par la machine et la pollution, agents de destruction qui la transforment bientôt en une cité carbonifère insalubre.

10/11/2008

Claude-Nicolas Ledoux

Claude-Nicolas LEDOUX (1736-1806) établit la transition entre le XVIIIe siècle et le XIXe, certaines de ses architectures rappelant fortement celles de Boullée, d'autres réalisations annonçant déjà les phalanstères de l'ère industrielle. 

Après avoir fait ses études au collège de Beauvais à Paris, Ledoux apprend la gravure puis l'architecture dans l'école de Blondel et l'agence de Trouard vers 1762. 

Dans la première partie de sa carrière, il travaille surtout pour la noblesse en construisant quelques architectures assez excentriques témoignant de son goût pour les volumes simples mais monumentaux : maison à Eaubonne pour le Normand de Mézières, hôtel d'Hallwyl à Paris, château de Benouville près de Caen, hôtel de Montmorency. 

C'est autour des Salines de Chaux, à Arc-et-Senans, qu'il put, entre 1774 et 1779, réaliser son projet de cité idéale. 

Projet_pour_la_ville_de_Chaux_-_Ledoux [web520]


Claude-Nicolas Ledoux: projet pour les salines de Chaux.
Primitivement elliptique, puis réduite de moitié, la ville restera inachevée : autour de l'usine se développent concentriquement, et en contact avec la nature, les bâtiments d'habitation, de repos, de loisirs, les lieux de culte et la nécropole. Ledoux remplace l'enceinte de la ville par un boulevard circulaire planté d'arbres qui sert de frontière entre la cité et sa périphérie où il prévoit de disperser quelques habitations isolées. 

En 1785, Ledoux établit un autre projet pour la barrière de l'octroi de Paris. Ce projet dont il ne reste aujourd'hui, que quelques vestiges, se compose d'un mur se développant entre un boulevard planté d'arbres à l'intérieur et un chemin de surveillance à l'extérieur, mur interrompu par 17 grands bâtiments publics et quelques postes de garde. 

barrière de l'octroi paris [web520]


Claude-Nicolas Ledoux: barrière pour l'octroi de Paris.

En 1804, Ledoux publie "L'architecture considérée sous le rapport de l'art, des moeurs et de la législation", ouvrage dans lequel il élabore une conception sociale de l'architecture et de l'urbanisme. 

Libéré de prison où la Révolution l'avait jeté par erreur, Ledoux abandonne ses travaux, mais conçoit cependant en 1792 un projet pour la rue Saint-Georges qui annonce les cités-jardins. 

salines de chaux [web520]


Claude-Nicolas Ledoux: les salines de Chaux

Boullée et Ledoux eurent tous deux une conception grandiose de l'architecture et de l'urbanisme, conception dans laquelle l'ornement tient très peu de place mais joue cependant un rôle symbolique. 

L'extérieur de la plupart de leurs oeuvres suggère non pas la fonction, mais la forme de certaines parties du contenu. Par leur indifférence totale envers les ordres et leurs conceptions urbanistiques avant-gardistes, Etienne-Louis Boullée et Claude-Nicolas Ledoux, en dépit de l'aspect utopique de leurs oeuvres, préfigurent indéniablement l'art de notre temps. 


Agrandir le plan


Vue aérienne des salines de Chaux.

18:00 Écrit par Luckybiker dans 01 Avant l'ère industrielle | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : ledoux |  Facebook |