10/03/2009

Nouvelle manière de penser l'urbanisme

Constatant la nécessité de favoriser l'inter­vention créatrice de l'individu par la participation, certains novateurs ont heureusement pu constater aujourd'hui que la valeur sémiologique de la ville future ne pouvait être conservée qu'avec la complicité de ses habi­tants. 

Une nouvelle génération d'architectes et d'urbanistes reconnaît aussi dès à présent que l'urbanisme n'est pas comme on l'a cru une science rigou­reuse basée sur des motivations directes et précises: dans l'imaginaire, les modèles et types idéaux d'agglomérations urbaines établies sur des normes préétablies peuvent parfois amuser (phalanstère de Fourier) mais au niveau de la réalisation, ils tournent au scandale et à l'échec (Brasilia, Chandigarh, l'Unité d'habitation). 

L'illusion d'une assise scientifique basée sur le fonctionnalisme fit oublier, pendant quelque temps, les valeurs sémiologiques susceptibles de faire apparaître les significations multiples de l'établissement urbain. Aujourd'hui se crée enfin un nouveau langage "logotechnique" de la ville perdu depuis le Moyen-âge qui, à la lumière des échecs passés, comblera la pauvreté lexicographique et la syntaxe rudimentaire de l'avant-garde en supprimant tout nouveau modèle et en donnant naissance à de nouvelles structures souples et à une pré syntaxe ouverte à des significations non encore constituées. 

babel pierre breughel [Web520]


Pierre Breughel: La Tour de Babel

Car enfin, habiter un lieu, ce n'est pas seulement être dans un gadget rond, cubique... Ce n'est pas seulement s'habituer à un nouvel habitacle ou à un nouveau cadre urbain, mais c'est aussi avoir en soi des références culturelles (cf. Bachelard "poétique de l'espace", des greniers, des caves, des fonds de tiroirs...) 

Nous revendiquerons, au contraire, la complexité et l'ambiguïté. Les traces de l'histoire et l'évolution organique déterminent la ville. 

Antoine Grumbach. 

On n'avait pas pensé au fait que la ville ne doit pas être de l'architec­ture. 

Emile Aillaud. 

Pendant un certain temps, l'architecture biomorphe sembla pouvoir apporter une solution à cette recherche d'un habitat plus vivant et plus vécu. En fait, l'organique n'est que le refuge soi-disant scientifique où se cache la nostalgie du naturel et on remarque aujourd'hui qu'il y a contra­diction à vouloir en même temps un retour à la nature, c'est-à-dire à la non civilisation, et à croire que la civilisation est devant nous, prête à être remplie, habitée.

18:30 Écrit par Luckybiker dans 11 Conclusion | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

merci monsieu je suis heureus de vous ...
j'espére que tu poser des article autour l'art urbain et camillo citte.....merci

Écrit par : aziri seddik | 30/05/2012

Très intéressant ce site sur l'architecture et l'utopie architecturale

Écrit par : Devis architecte | 03/03/2014

Effectivement, c'est impressionnant comment l'urbanisme a évolué et l'habitat avec. Quand vous pensez qu'avant on n'avait ni l'eau ni l'électricité dans son logement, cela nous parait totalement inconcevable maintenant.

Écrit par : source | 27/02/2015

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