11/02/2009

Mathias Goeritz

Mathias Goeritz publia en 1953 son "Manifeste de l'Architecture émotionnelle": 

L'homme du XXe siècle est dépassé par tant de fonctionnalisme, de logique d'utilité dans l'architecture moderne. Il cherche un moyen d'y échapper, mais ni l'esthétisme formaliste, ni le régionalisme organique, ni même le confusionnisme dogmatique n'ont compris ce problème fondamental que l'hom­me contemporain, créateur ou récepteur, souhaite avoir quelque chose de plus qu'une gentille maison confortable et vivable. Il veut, ou voudra un jour, que son architecture ait une élévation spirituelle qui puisse se dire émotion, semblable à celle que l'on reçoit de l'architecture des pyramides et des temples grecs, des cathédrales gothiques et romanes, ou des palais baro­ques.

 el eco [web520]


Mathias Goeritz: Musée El Eco à Mexico.

L'ouverture du Musée El Eco à Mexico en 1953 fut un événement: on entrait par un corridor qui se faisait de plus en plus étroit, cependant que le sol montait et le plafond descendait. La couleur devenait de plus en plus obscure. L'architecture ménageait donc des surprises, des émotions... 

D'avril à septembre 1957, Goeritz édifie des sculptures monumentales dans le desert: cinq colonnes en béton armé, trois blanches, une orange et une jaune clair, la colonne la plus haute ayant 57 mètres et la plus basse 37, rare exemple d'architecture inutile réalisée depuis la tour Eiffel... 

Goeritz s'élève donc contre l'art fait par des intellectuels pour des intellectuels, l'art égocentrique: pour lui, une nouvelle conception de l'art une sorte de socialisation de l'art, apparaît peu à peu, dont l'architecture-sculpture est un des prémices.

 mathias Goeritz et Luis Barragan Tours de la cité satellite Mexico 1957 [web520]


Mathias Goeritz: Tours de Mexico

15:30 Écrit par Luckybiker dans 08 Formes nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : goeritz, mexico |  Facebook |

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