04/12/2008

Le Familistère de Guise ou Palais social

Jean-Baptiste Godin (1817-1888) devint rapidement riche grâce à une fabrique de fourneaux et de poêles en fontes dont il était l'inventeur et qui, aujourd'hui encore, garde son nom.

JB Godin [web520]


Portrait de Jean-Baptiste Godin.
Installé à Guise en 1848, il y fonda en 9 ans une nouvelle industrie pros­père. Militant fouriériste depuis 1813, Godin décide de consacrer sa for­tune à la propagande des idées de Fourier et, après avoir créé dans son usine les fonds de secours et d'assurance mutuelle, il décide de réaliser un phalanstère et, pour ce faire, s'adresse à un architecte fouriériste nommé Victor Galland, auteur en 1855 d'un "Palais familial".

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Gravure représentant une vue aérienne générale du Familistère de Guise.
Mais Godin ne traita pas avec Galland et finalement dressa lui-même les plans de ce qu'il appella le "Familistère de Guise ou Palais social" qui se voulait être "l'atelier du bien être humain externe et interne". Pour Godin, la condition qui "donnera aux familles ouvrières les équiva­lents de la richesse", c'est de les rassembler dans une habitation unitaire qui réunit tous les moyens d'assurer ses équivalents, les rend économique­ment viables et les rend indispensables. 

De 1859 à 1883, Godin fit construire les différents bâtiments de son fami­listère dans un terrain de six hectares traversé par l'Oise. Poursuivant ses activités politiques de 1869 à 1876, Godin devint maire de Guise, puis député.

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La façade principale du Familistère de Guise lors de sa construction.
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Vue générale du Familistère avec la fabrique de fourneaux et de poêles à droite.
Résidant avec sa famille dans l'un des appartements du familistère, il entreprit d'apprendre à ses ouvriers à habiter dans des logements de type urbain qui peuvent être considérés comme les plus modernes de l'époque. A cet effet, il écrivit une brochure intitulée "Règles, conseils et mesu­res d'ordre domestique au Familistère" dans laquelle il donnait à ses "sociétaires" les règles d'hygiène nécessaires à la bonne conservation et un parfait fonctionnement de leur logement.

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Plan général du site d'implantation du Familistère.
Poursuivant son oeuvre intellectuelle jusqu'à sa mort, Godin légua sa fortune à l'Association et abandonna la propriété de son usine à ses ou­vriers sous forme de coopérative de production. Celle-ci existe toujours et fabrique des radiateurs et chaudières de chauffage central.

L'emplacement pour l'édification du "Palais Social" fut choisi à proximité de l'usine et relié à celle-ci par un nouveau pont et à la ville par une nouvelle route.Familistère de Godin - Plan [web520]


Plan général du Familistère.
Le groupe principal d'habitation unitaire fut divisé en trois ailes pour échelonner les frais et l'expérience. Ces trois corps de bâtiments sont reliés entre eux avec trois cours intérieures couvertes de verrières et qui communiquent entre elles par des couloirs. 

Contre les crues de l'Oise toute proche, les caves furent construites sur le sol et ensuite remblayées. La plupart des murs et des cloisons est en brique et les surfaces inté­rieures et extérieures sont carrelées ou asphaltées pour la propreté et l'incombustibilité.

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Le Familistère vers 1900.
Les unités de logement qui peuvent être groupées se composent de deux chambres dans la largeur du bâtiment pour des raisons d'éclairage naturel et de ventilation. Les conduits de fumée sont descendus jusqu'à une gaine horizontale située dans la cave prenant jour sur la façade nord et dis­tribuant également les trois cours intérieures. Ces galeries assurent le tirage et la ventilation, la désinfection facile et des possibilités éventuelles de chauffage collectif. Afin de créer un micro-climat favorable sur les façades des accès, les cours du groupe principal ont été couvertes de verre, créant ainsi des salles utilisées peur les fêtes et les bals.

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Façade du Familistère de Guise avec la statue de son fondateur, Jean-Baptiste Godin.
Le Familistère fut complètement habité en 1861 par un total de 900 person­nes, le coût du bâtiment s'élevant alors à 1.100 francs par personnes. En 1866 furent édifiées la nourricerie et le pouponnât, en 1869 les écoles et le théâtre, en 1870 les bains et le lavoir. 

La caractéristique princi­pale de ce Familistère était donc de réunir toutes les fonctions.

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Vue intérieure du Familistère.
La cuisine collective était faite par un cuisinier, mais il était possible de confectionner un repas chez soi. Un syndicat achetait toutes les mar­chandises, ce qui supprimait le coût des intermédiaires.

L'eau était distribuée à tous les étages grâce à des réservoirs d'eau dans les greniers, La propreté et l'hygiène étaient assurées grâce à de nombreux cabinets d'aisance, à l'eau chaude pour les bains, à la ventilation dans chaque appartement. 

Chaque appartement avait vue à la fois sur l'extérieur et sur la cour intérieure. Toutes les parties communes étaient éclairées la nuit au gaz, technique alors tout à fait nouvelle. A chaque étage se trouvait un "cabinet aux balayures" (un vide-ordures), un service de femmes de ménage assurant l'entretien général du Familistère.

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Plans du Familistère de Guise.
Godin décrivit ainsi son "Palais Social de l'avenir": 

Le front du Palais fait face à la ville sur une étendue de 180 mètres. L'aile gauche a vue sur les jardins et sur les bâtiments de la manufacture, l'aile droite sur les jardins et les coteaux boisés qui bornent la vallée. La vue, derrière le Palais, s'étend sur des promenades, sur les prairies de la vallée de l'Oise... Le Familistère, ses dépendances et sa manufac­ture sont bâtis sur une propriété d'environ dix-huit hectares; une partie de cette propriété est convertie en promenades, squares et jardins d'agrément; une autre partie est consacrée à la culture des jardins et des vergers.

Familistère de Guise [web520]


L'atrium principal dans son état actuel.
Le Familistère de Guise constitue une réalisation à bien des points pros­pectives: les ouvriers de Guise étaient en fait logés dans des appartements beaucoup plus confortables que ceux de la bourgeoisie de l'époque. Le Fa­milistère de Guise n'était, bien sûr pas une ville. Mais avec ses circu­lations internes bien étudiées, son esquisse de climatisation par ses passages couverts, ne constituait-il pas un microcosme de ville ? C'était en fait l' "unité", la cellule de base d'un ensemble qui aurait pu former une ville. Guise intérieur [web520]
Vue générale d'un atrium avec ses coursives.
Le Familistère de Guise eut le privilège d'être violemment attaqué aussi bien par les bourgeois libéraux que par les marxistes et les anarchistes qui lui reprochaient d'être une caserne et d'enlever à l'individu sa li­berté. En fait, la réussite du Familistère de Cuise dérangeait toutes les théories dans leurs doctrines rigides et elles s'employèrent, avec grand succès, à faire oublier ce modèle.

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La statue de Godin à l'entrée de son Familistère.
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Façade principale du Familistère.
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Entrée principale du Familistère.

 

18:00 Écrit par Luckybiker dans 03 Exemples de réalisations | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : godin, familistere, guise |  Facebook |

Commentaires

Un livre que j'aurai bien lu mais trop cher pour un .pdf

Écrit par : elite | 24/11/2013

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