08/02/2009

William Katavolos: cités chimiques

Pour sa ville flottante, William Katavolos est parti de la théorie d'une architecture chimique qu'il a longuement développée en 1962.

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William Katavolos: cité flottante.

Cette théorie est la suivante: on produit actuellement, sous forme de poudres ou de liquides, des substances qui peuvent acquérir en se dilatant un grand volume et se solidifier au contact de l'air. Rien n'empêche donc d'envisager la construc­tion de cités sur la mer constituées par des matières plastiques qui, en se dilatant, deviendraient tores et sphères. Une fantasmagorique architecture apparaîtrait, la structure des plafonds ressemblant à celle des cristaux et les planchers se formant à la manière des coraux. Le mobilier lui-même serait chimique et pourrait se jeter après usage. 

D'une mobilité parfaite, la ville marine flottante de Katavolos pourrait s'éparpiller en éléments séparés ou se grouper.

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William Katavolos: cité marine.

Au matin, on pourrait voir des faubourgs se rassembler et constituer une ville; à la nuit on les verrait s'éloigner comme une musique et aller s'ancrer ailleurs. 

Cette architecture mobile, périssable, conditionnée, collerait enfin à l'homme comme un vêtement sur mesure. Il se peut qu'il ne s'agisse là que d'un rêve souvent formulé d'ailleurs, mais moins scientifiquement, par les romanciers de science-fiction. Katavolos risque peut-être moins dans l'avenir d'être qualifié d'utopique que nous de timorés.

13:30 Écrit par Luckybiker dans 07 Seconde moitié du XXe siècle | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : katavolos |  Facebook |

07/02/2009

Paul Maymont: Thalassa

Parallèlement au système des villes-ponts s'est développé celui des villes flottantes. 

C'est en 1950, alors qu'il était boursier à l'Université de Kyoto, que Paul eut l'idée des villes flottantes. 

Pourquoi ne pas construire sur un plan d'eau, dans une baie ou un lac, celui-ci naturel ou artificiel, une ville flottante préfabriquée grâce à des caissons de béton qui, assemblés et reliés entre eux, supporteraient des tours légères qui seraient ainsi soustraites aux mouvements du sol. L'expérience me convainquit que l'idée était réalisable à condition d'ajouter à l'ensem­ble un amortisseur à coussin d'air, des pieux d'amarrage et des systèmes d'équilibrage.

La solution s'imposait pour la baie de Tokyo où on pourrait ainsi édifier une ville de dix millions d'habitants avec des îles flottantes de trois, quatre ou cinq cents mètres de diamètre. Le prix de revient des caissons étant très élevé, il faudrait seulement pouvoir donner à chaque construction une forte densité de population: entre trois et quatre mille cinq cents habitants par hectare, ce qui est parfaitement réalisable. 

La cité de Paul Maymont se présentait, dans ses projets dessinés au Japon, une pyramide sur plan cruciforme se dressant au-dessus d'un caisson amarré à des pilotis. Chaque île artificielle était reliée à sa voisine par des ponts, des routes, des métros suspendus, laissant le passage entre les cités flottantes, même à des bateaux de gros tonnage. Des digues sous-marines les protégeaient des raz de marée.

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Paul Maymont: maquette de la ville flottante Thalassa, projetée en extension de Monaco.

Revenu en France, Paul Maymont a considérablement poussé ses études et en a proposé diverses autres applications. Par exemple pour l'extension de Monaco. 

Cette cité flottante que Maymont appelle Thalassa, se présente sous la forme d'une coquille ronde qui peut être reliée à la terre ferme par un pont. Les habitations se situent en espalier sur le pourtour de la corbeille. Le fond, évidé, forme un plan d'eau avec son port de plaisance, ses plages, ses piscines et ses jardins.

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Paul Maymont: plan de la ville flottante de Thalassa.

L'île serait supportée par des caissons flottants en béton précontraint. Les anneaux de caissons flottants fixés au fond par des tirants métalliques prétendus constituent 5 niveaux de parkings, 10.800 m² de réser­ves, caves et services collectifs. 27 mâts rayonnants inclinés et creux (ils contiennent les fluides et les ascenseurs) supportent les anneaux supérieurs. Le premier anneau, à 8 mètres de l'eau, est interrompu pour per­mettre l'entrée des bateaux et comprend grands magasins, entrepôts, logements,  jardins suspendus, restaurants, bars, etc. 

Le deuxième anneau, composé de sept niveaux répartis en gradins, réunit appartements, jardins, terrasses, bureaux, hôtels, commerces, équipements culturels, jeux, loisirs. On voit ce que de tels ilôts pourraient apporter à la future civilisation des loisirs...

Paul Maymont - Thalassa Monaco [web520]


Paul Maymont: vue en coupe de la ville flottante de Thalassa.

06/02/2009

Yona Friedman: projets de villes-ponts

Friedman a formulé plusieurs autres propositions de villes-ponts: un projet pour une extension de Monaco, un projet de ville-pont fluviale pour Londres, des projets de villes-ponts pour l'Afrique.

La principauté de Monaco n'a aucune autre possibilité d'extension que sa zone maritime. Le projet de Yona Friedman prévoit la construction d'un bloc à l'enjambée au-dessus de la jetée limitant le port de Monaco. Cette nouvelle surface construite à quinze mètres au-dessus de la jetée, pourrait permettre d'aménager mille logements, de créer une nouvelle voie-promenade bordée de constructions à caractère commercial. 

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Yona Friedman: ponts pour la ville de Shangai.

Cette ville-pont constitue­rait surtout un prolongement de la ville de Monaco et offrirait en outre l'avantage de préserver la vue vers la mer depuis la cité actuelle. 

Le problème de Londres est différent: pour briser la barrière fluviale qui coupe la capitale anglaise en deux parties, Friedman a imaginé d'établir une continuité entre les deux rives par un centre-pont qui pourrait contenir mille magasins, dix cinémas et un grand nombre d'autres locaux attractifs et permettrait de traverser le fleuve en se promenant et sans s'apercevoir que l'on change de rive. 

La ville-pont pourrait constituer, dans des régions où les ponts sont juste­ment rares, des pôles d'attraction qui devraient être naturels. C'est pourquoi Friedman s'est particulièrement préoccupé de la constitution de villes-ponts en Afrique. 

Au croisement des routes et des voies fluviales, ces villes-ponts africaines pourraient constituer les centres commerciaux et industriels d'une région. Pour sauvegarder les coutumes indigènes, Friedman propose de construire seulement la structure spatiale et de laisser les habitants réaliser leur habitat à leur manière avec leurs techniques traditionnelles dans la structure porteuse. 

Yona Friedman - Ville pont pour Alger [web520]


Yona Friedman: ville-pont pour Alger.

Enfin, Yona Friedman a publié en 1964 une proposition de réaménagement du  territoire terrestre à partir de son système de villes-ponts. Friedman s'est en effet aperçu que les quatre grands continents n'étaient reliés que par des détroits de cinquante à cent cinquante kilomètres de largeur. Huit villes-ponts seulement permettraient donc de relier les quatre grands continents et leur longueur totale ne serait que de quatre cent kilomètres. 

Les réseaux terrestres, ferroviaires et routiers qui couvrent ces quatre continents pourraient donc être continus. D'après Friedman, les villes-ponts pourraient donc être recommandées dans les cas suivants: 

  • construction d'un pont d'importance exceptionnelle (Manche);
  • création de nouveaux centres importants (Afrique);
  • création de nouvelles surfaces habitables au-dessus de l'eau en conser­vant la possibilité de navigation (Monaco);
  • liaison entre deux parties d'une ville coupée par une formation géogra­phique (Londres)

05/02/2009

Yona Friedman: ville-pont sur la Manche.

En 1963, Yona Friedman publiait à Paris son projet de ville-pont sur la Manche. Pour ce projet, Yona Friedman reprenait ses principes d'architecture spatiale: blocs à l'enjambée et structure contenante. 

La ville-pont sur la Manche présentait l'intérêt supplémentaire d'être une ville-pont portuaire. La circulation maritime dans la mer du Nord justifiait, selon Friedman, la construction d'un nouveau port de transbordement qui desservirait aussi bien Paris que Londres. 

Il présenterait de plus l'énorme avantage de relier la circulation maritime à la circulation ferroviaire et routière qui passerait dans la structure du pont. On pourrait, entre les pylônes du pont, aménager des bassins portuaires, alternant avec des voies de passage pour les navires. Puis, au-dessus de ces bassins et de ces passages, on pourrait insérer, dans la structure même du pont métallique, des gares de marchandises et voies de chemin de fer, dépôts, bureaux, etc.

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Yona Friedman: ville-pont

Une voie de circulation automobile pour les transports serait incluse à l'intérieur du pont et une autre voie automobile touristique, à sa partie supérieure. Cette voie touristique serait bordée de restaurants, terrasses, boutiques,... Ce qui frappe le plus dans cette idée prospective, que certains préféreront qualifier de visionnaire ou d'utopique, c'est justement son réalisme: le moins que l'on puisse dire, c'est que cette idée est le bon sens même. 

Parallèlement à cette ville-pont, Friedman prévoit une ville spatiale pour vingt à trente mille personnes, surtout destinée au personnel des instal­lations portuaires et touristiques. Cette ville serait édifiée près de la côte et constituerait un élargissement du pont. Certaines industries, qui bénéficieraient des facilités de transport pourraient aussi être intégrée au pont. Enfin, quelques administrations auraient tout intérêt à s'installer en territoire international.

12:45 Écrit par Luckybiker dans 07 Seconde moitié du XXe siècle | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : friedman |  Facebook |

04/02/2009

Les villes-ponts

Le principe des villes-ponts et des villes flottantes pour lesquelles Iona Friedman et d'autres ont réalisé un certain nombre de projets est une idée neuve qui, comme beaucoup d'idées neuves, retrouve des réalités très anciennes et parfois oubliées. 

Comme toute idée, la ville-pont a mûri lentement. 

En 1920, Lissitsky présentait à Moscou un projet de pont-immeuble appelé "l'étrier des nuages", où l'on voyait deux immeubles reliés par leur partie supérieure.

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Lissitsky: l'Etrier des Nuages (1920).

En 1922, Auguste Perret allait plus loin en concevant un pont gratte-ciel pour la banlieue est de Paris, un alignement de "maisons-tours" de 200 mètres de haut allant de la porte Maillot à la Croix de Noailles en passant par Neuilly, Puteaux et Nanterre.

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Auguste Perret: maisons-tours reliées par un pont (1920)

Daniel H. Burnham, en 1928, concevait un autre projet pour Chicago et, enfin, Le Corbusier, dans ses plans pour Alger, prévoyait également des viaducs surmontant la ville ancienne.

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Le Corbusier: maquette pour l'aménagement d'Alger.

03/02/2009

Henry Pottier: les villes hautes

Dans le système de Henry Pottier, dit des "Villes hautes", la zone souterraine ne concerne que l'infrastructure lourde: moyens de communication avec l'extérieur, acheminement des marchandises et leur stockage, parkings et accès aux plates-formes aériennes par ascenseurs. La zone aérienne compartimente l'espace en zones de travail et d'habitat. 

Mais l'originalité du projet de Henry Pottier, c'est qu'il entend se servir du relief des montagnes pour ses villes hautes, l'axe souterrain de la ville épousant la forme de la montagne pour constituer un vaste fuseau supportant une cité linéaire. 

Le noyau, véritable dispatching du quartier d'habitation, sera relié aux routes souterraines par des gaines de circulation verticale constituées par des batteries nombreuses d'élévateurs rapides, tant pour les personnes que pour les marchandises. Ces "tubes" aboutiront, à leur partie inférieu­re, dans des "poches" de parking, sortes de cloches à circulation spiroïdal, permettant le parking total de l'ensemble du quartier. A sa partie supérieure, il aboutira à une plate-forme pour l'atterrissage des hélicop­tères. A un niveau intermédiaire, une circulation horizontale, avec chemin mécanique ou tapis roulant, reliera le "tube" au noyau du quartier. Les liaisons externes verticales longeant les pentes seront assurées par des téléphériques reliant rapidement l'habitation aux différentes activités précitées. Toute la vie spirituelle des habitants se déroulera en plein air, débarrassée des contingences matérielles qui trouveront leur lieu d'application dans la partie souterraine: parking, entrepôts, usines, relais, incinérateurs, etc.

12:00 Écrit par Luckybiker dans 07 Seconde moitié du XXe siècle | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : pottier |  Facebook |

02/02/2009

Jack Tortrat

Jack Tortrat a pris modèle sur l'arbre qui puise son énergie par ses racines dans les profondeurs de la terre et, dans le ciel, par ses feuilles. Il a donc placé, dans sa cité idéale, la fonction tra­vail en sous-sol. 

Au-dessus des lieux de travail, et sur trois niveaux toujours souterrains, se place le centre de la cité, énorme souk où arri­vent et d'où partent les circulations horizontales reliant la cité au mon­de extérieur: commerces, lieux culturels et cultuels se trouvent dans cette partie d'où fusent vers le haut et vers le bas, les batteries d'ascenseurs. 

Le travail prend la place des racines de l'arbre, l'habitat se situe où poussent les feuilles, habitat spatial que son auteur appelle on "énor­me périscope sur une nature régénérée", le sol naturel étant entièrement réservé aux arbres, aux allées forestières, aux terrains de sport, etc.

11:00 Écrit par Luckybiker dans 07 Seconde moitié du XXe siècle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tortrat |  Facebook |