02/12/2008

Pierre Kropotkine (1842-1921).

Géographe et révolutionnaire, Kropotkine se consacra aussi bien à la vulgarisation de ses idées scientifiques qu'à la diffusion de la doctrine anarchiste dont il était partisan.

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Pierre Kropotkine.
Secrétaire de la section de géophysique à la Société russe de Géographie, il est amené à participer à de nombreuses expéditions, notamment en Mandchourie, en Finlande et en Suède. 

Après avoir étudié pendant sa jeunesse la condition de la classe paysanne et de l'agriculture russe il devient à l'âge de 30 ans un militant anar­chiste convaincu. Après s'être évadé de Russie où il fut emprisonné pendant deux ans (1874-1876), il se réfugie en Suisse et en France ou il sera à nouveau incarcéré (1882-1886). 

S'installant alors à Londres, Kropotkine préconise un systè­me de coopération économique appelé "aide mutuelle" qui rend inutile tout gouvernement fortement structuré. 

Les connaissances exceptionnelles de Kropotkine l'amenèrent à une vision de l'avenir où toute grande ville ou agglomération serait éliminée au pro­fit d'une véritable symbiose de l'industrie et de la campagne.

01/12/2008

Karl Marx (1818-1883).

Four Karl Marx, le décor de la ville sert de fond à l'histoire et à la révolution. C'est dans son enceinte que la bourgeoisie trouva son berceau et c'est aussi entre ses murs que le prolétariat in­dustriel et la classe laborieuse se libéreront de l'exploitation et de l'oppression de la classe dominante. 

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Karl Marx.
Dans ses manuscrits de 1844, Marx établit une analyse théorique de la ville et trace en négatif son statut ontologique. 

Enfin, dans Le Capital, il entreprend, avec la collaboration de Engels, de décrire aussi concrètement que possible les conditions de vie du prolétariat dans les banlieues urbaines anglaises.

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30/11/2008

Friedriche Engels (1820-1895).

Devant abandonner très tôt ses études pour des raisons familiales, Engels entreprit une profession commerciale qui lui permit d'acquérir très tôt une connaissance parfaite de la réalité économique pendant la révolution industrielle.

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Friedriche Engels.
En 1845, alors qu'il vient de faire la connaissance de Karl Marx, Engels publie La situation de la classe laborieuse en Angleterre, ouvrage dans lequel il entreprend une analyse critique impitoyable de la misère du prolétariat urbain dans les cités industrielles anglaises. 

Grâce à ses observations personnelles et aux sources écrites dont il peut disposer, il peut ainsi réaliser pour la première fois ce que nous appel­lerions aujourd'hui une enquête sociologique et dément ainsi formellement toutes les thèses optimistes des premiers économistes libéraux.

Après s'être attaqué à la situation de fait, Engels entreprend la critique des solutions "sociales" préconisées par les disciples de Proudhon et les socialistes utopistes dont le capitalisme vise à la seule exploitation du prolétariat. 

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Manuscrit de Engels.
Il publie à cet effet La question du logement (1897) dans lequel il proclame que seule l'action révolutionnaire permettra de résoudre les problèmes du logement car ceux-ci ne sont que les reflets de l'ordre so­cial établi. 

Refusant de séparer ces problèmes de leur contexte économique et politique, Engels refuse la méthode des modèles établis sur des conceptions a priori et cette attitude demeure par là un exemple pour la pensée urbanistique contemporaine.

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29/11/2008

Critique sans modèle.

Friedrich Engels et Karl Marx, fondateurs du "socia­lisme scientifique et d'une conception matérialiste de l'histoire", ne proposent pas de modèle pour la cité future: ils le remplacent par une motion transformatrice de l'expression d'un ordre qui fut en son temps créateur et qu'il s'agit de détruire pour le dépasser. 

En aucune façon, les promoteurs de cette critique sans modèle, ne souhaitent définir des normes qui seront forcément inadaptées et anachroniques par rapport aux structures économiques, politiques, sociales et culturelles qui s'établiront dans l'avenir.

28/11/2008

William Morris (1834-1896).

Inspirée de l'oeuvre de Ruskin, l'idéologie culturaliste et nostalgique de William Morris considère la classe laborieuse comme la force nouvelle de la société. 

Penseur et socialiste militant, Morris est avant tout artiste: anima­teur du groupe Arts and Crafts, il contribua à matérialiser la pensée de Ruskin et à répandre le modern style dont il fut l'un des premiers défen­seurs.

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William Morris.
Pour lui, le beau est l'expression d'une culture totale qui doit aussi être propre à la classe laborieuse. Pour parvenir à cette fin, Morris va jouer un rôle actif dans l'aile gauche du socialisme anglais. 

En 1891, il publie Nouvelles de nulle part, roman d'utopie décrivant l'Angle­terre du XXIe siècle qui lui permet d'exposer sa vision de la société idéale: Morris y prévoit la disparition de toutes les grandes institutions (état, police, armée...) ainsi que des agglomérations urbaines, l'Angle­terre devenant un vaste jardin dans lequel les habitations sont dispersées.

18:00 Écrit par Luckybiker dans 02 Critique de la ville industrielle | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : morris |  Facebook |

27/11/2008

John Ruskin (1818-1900)


Critique et philosophe de l'art, John Ruskin reçut une éducation esthétique exemplaire marquée par la pensée de Pugin. Adoptant l'éthique préraphaéliste à la peinture, il l'applique ensuite à l'architecture contemporaine dont la critique l'amène désormais à s'intéresser à l'économie politique de la société victorienne dont il constate l'incohérence et la désintégration.

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John Ruskin en 1894.
Ruskin constate que le système industriel, loin d'être une fonction vi­tale indispensable, vise uniquement à la production et au profit. Cette situation générale déplorable est pour lui la seule et unique raison de la carence de l'architecture et de l'aménagement des villes. La doctrine esthétique organique de Ruskin établit donc les principes de l'art urbain et le fondement de l'urbanisme culturaliste.

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John Ruskin dans son bureau par WG Collingwood (1881)

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26/11/2008

Modèles culturalistes

Les modèles culturalistes sont une critique nostalgique qui constate et regrette la disparition de l'ancienne cité organi­que détruite par l'avènement de l'industrialisation. 

Contrairement aux modèles progressistes, ils se basent sur la situation du groupement humain, de la cité, et non plus sur celle de l'individu. Ainsi, grâce à une vie collective basée sur la démocratie, la cité culturaliste idéale est composée d'un ensemble d'édifices communautaires dont l'esthétique inspirée du Moyen-Âge, témoigne d'une grande diversité due à l'absence de prototypes rigoureux. 

Circonscrite à l'intérieur de limites précises (Morris), la ville est de dimensions modestes. Les irrégularités et l'asymétrie de son plan (Ruskin) sont les marques de l'ordre organique dont elle veut être le témoin. 

Progrès et besoins matériels, concepts principaux des modèles progressis­tes, sont remplacés ici par culture et besoins spirituels. De plus, les culturalistes font preuve d'un anti-industrialisme et d'un malthusianisme manifeste: au quantitatif, ils préfèrent rechercher le qualificatif, et en se refermant sur le passé, ils iront même jusqu'à provoquer le ralentissement volontaire de la production, industrielle et artistique.